Mot du Dr Khalil Helou adressé aux Anciens de l’USJ

Chers Anciens… À un moment où le Proche-Orient est proie à des conflits qui se recoupent, qui semblent ne pas avoir de fin et qui se répercutent sur le Liban et à un moment où au Liban les affaires nationales sont bloquées, beaucoup ont peur et sont sceptiques quant à l’avenir. Face à cette réalité que faire? Conscients de notre appartenance à l’USJ plus que centenaire, qui non seulement délivre des connaissances et procure des formations professionnelles, mais qui a une âme et qui est engagée dans la construction continuelle du pays, il nous incombe de nous mettre au-dessus de la mêlée afin de mieux percevoir. Souvent, même presque toujours, on raisonne sur les affaires nationales et régionales, sans maîtriser les réalités et avec des préjugés d’appartenance étroite avec prédominance des émotions sur l’esprit cartésien. Le résultat est souvent une navigation à l’aveuglette dans un brouillard de plus en plus épais, ce qui mène à l’une des deux options : soit trouver refuge à travers un engagement ou sympathie partisane, soit fuir la réalité en tournant le dos aux affaires nationales et adoptant comme slogan « je ne me mêle pas de politique ». Notre contribution en tant qu’Anciens, fiers de brandir notre appartenance à l’Alma Mater, ne peut se limiter au domaine professionnel dans le sens technique du terme. Notre devoir de citoyens et d’Anciens dotés d’un bagage socio-intellectuel important, nous impose d’être engagés en politique et en affaires nationales, surtout dans ces moments difficiles. L’inverse serait une omission pour non-assistance à pays en danger. Ce n’est ni un loisir ni un luxe. Il ne s’agit pas nécessairement d’être directement impliqué, mais d’observer de près les affaires nationales pour pouvoir demander par tous les moyens des comptes rendus aux élus, aux leaders et aux officiels en charge. Sans être partisan, on peut s’engager nationalement loin de l’insipide slogan « je ne me mêle pas de politique ». Le concept de politique au Liban, et peut-être au monde, est devenu défiguré et synonyme de corruption et de lutte au pouvoir, ressources et influence, loin de tout compte-rendu aux citoyens. En réalité on oublie que la politique est un art noble au service du bien public, et ceci n’est pas de l’utopie comme ont plaisir à l’affirmer les champions du fait accompli. Il est temps de s’engager réellement de nous réconcilier avec nous-mêmes, avec Dieu, avec les autres et avec la politique qui est le seul moyen de diriger et de gérer les citoyens. Rien ne nous manque pour cette fin.

Dr. Khalil Hélou (FP, 1979) Chef du département de nutrition – Faculté de pharmacie Université Saint-Joseph de Beyrouth

Contact : khalil.helou@usj.edu.lb

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